Ecrire efficace, n'est ce pas un peu perdre sa plume ?
A.M. Le lecteur de presse d'entreprise n'est jamais acquis,
moins encore que celui de la presse traditionnelle.
Au mieux, il est neutre, au pire, il est méfiant et circonspect.
Il n'est pas question de lui faire passer n'importe quoi sous peine
pour l'entreprise de perdre toute sa crédibilité.
D'où l'importance d'aller chercher le lecteur autrement,
d'une manière personnalisée selon les supports.
Il s'agit moins d'avoir une bonne plume que d'avoir une plume juste,
qui traduit fidèlement l'entreprise, sans racolage
mais sans fausse pudeur non plus,
de proposer un discours qui fait le lien
entre celui qui parle et celui à qui on s'adresse.
Etre un spécialiste d'un secteur, de la poudre aux yeux ?
A.M. Pas de malentendu, on ne demande pas à un rédacteur d'être expert
à la place de l'expert.
Les vrais spécialistes sont ceux de l'entreprise. En revanche, pour bien traduire
leurs idées, vulgariser les messages, il faut savoir "parler expert".
Ce qui compte, ce n'est pas tant mon expertise que ma capacité à transmettre
la leur.
La presse d'entreprise, vraie ou fausse presse ?
A.M. La presse d'entreprise a un rôle particulier :
elle est là pour "servir" une cause, une marque, des idées.
Ici, transmettre et convaincre est un objectif aussi important qu'informer.
Contrairement à la presse classique, l'enjeu est moins la recherche
d'information que la recherche de sens à travers la quête du message clé,
de la bonne patte rédactionnelle.
La difficulté consiste à trouver le ton juste, ni trop neutre, ni trop vendeur.
Sous-métier,
métier de compromission,
des questions circulent...
Loin de ces états d'âme,
Agnès Monsaingeon
revendique les forces du métier.
v.o. comment ça marche ?
Journaliste d'entreprise, un métier honteux ?